Celui qui a la santé est riche sans le savoir

Ainsi dit un vieux proverbe. L'on ne s'étonnera que dans un récent sondage ontarien, des citoyens aient répondu que la santé était leur préoccupation No1, aux termes des prochaines élections provinciales en Ontario. En réponse à ces résultats, les chefs à la direction des partis politiques en Ontario avaient des réponses bien différentes. Plusieurs d'entres elles visaient à modifier considérablement des politiques actuelles en matière de santé. Il en revient à chacun donc de déterminer laquelle de ces plateformes électorales réponde mieux à ses besoins et ses aspirations en matière de santé. Dans le pays démocratique où l'on vit, un citoyen informé et engagé, peut influencer directement la direction que prendront les actuelles et futures politiques d'un gouvernement. L'indice canadien du mieux-être (L'ICME) est un outil canadien1 qui vise à mesurer la qualité de vie des canadiens. Et parmi huit de ses domaines utilisés pour évaluer ceci, L'ICME prend en considération la participation démocratique, qu'il définit ainsi :

Le domaine de la participation démocratique mesure la participation citoyenne à la vie publique et à la gouvernance, le fonctionnement des gouvernements au Canada et le rôle que jouent la population canadienne et ses institutions en tant que citoyens du monde.

Un autre organisme au Québec, L'Institut du nouveau monde, abonde dans le même sens tant avec ses recherches que ses démarches participatives. Son plaidoyer pour la participation citoyenne et sa récente Tournée régionale des conversations de cuisine sont d'excellents exemples de démarches engageantes qui stimulent la participation des citoyens, notamment en matière de santé. Et pourquoi est-il important d'accroître cette participation? Selon L'INM elle est non seulement souhaitable, elle est devenue essentielle :

(...) la participation des citoyens est de plus en plus nécessaire dans l’univers de la santé publique. La hausse de la prévalence des «maladies de civilisation», le vieillissement de la population et l’accroissement du nombre de personnes qui, au cours des prochaines décennies, auront besoin de services pour compenser leur perte graduelle d’autonomie nous obligent à envisager diverses réponses qui passent par une forme ou une autre de participation publique.

L'INM considère que d'abord il faut « responsabiliser les individus à l’égard de leur propre santé et de celle de leurs proches par la prévention et l’adoption de saines habitudes de vie. » Et que dans un deuxième temps, il faut une « action bénévole et communautaire » parce que « les changements de comportement dépendent de l’adoption de nouvelles normes sociales qui définissent ce que la société estime être bon. Ces normes ne peuvent être définies d’en haut. Elles découlent d’un débat public permanent dans lequel les points de vue s’entrechoquent et les consensus émergent progressivement. Les citoyens sont appelés à participer à ces débats. »

L'INM conclue que « C’est en s’appuyant sur ces nouvelles normes sociales que l’on peut ensuite adopter des politiques publiques qui soient favorables à la santé : lutte contre la pauvreté, sécurité publique, aménagement urbain, transport en commun, réduction de la pollution, fiscalité verte, etc. »

Lorsqu'on lit dans le tout premier rapport de L'ICME publié en 2011, que « les pires résultats en matière de santé et de mieux-être sont dans les sociétés où les inégalités sont les plus marquées (ce qui est le cas du Canada) (et que) les données démontrent que les retombées négatives ne sont pas le lot uniquement des personnes au bas de l'échelle socioéconomique, mais que la santé et la qualité de vie des plus riches se détériorent dans les sociétés qui sont inégalitaires », on constate que le problème dépasse l'entendement et la compréhension actuels des problématiques de santé. De là vient peut être cet appel pour une nouvelle vision de la participation citoyenne.

Notes :

1. Traditionnellement, on mesure comment bien se porte un pays avec un indice principal, soit celui du produit intérieur brut (PIB). L'ICME est un corps de recherche établi par l'Université Waterloo en Ontario qui mesure d'autres variables pour évaluer la qualité de vie des Canadiens. En incorporant des données sur huit autres facteurs qui influencent la vie quotidienne des citoyens, L'ICME affirme que leurs données donnent dans l'ensemble, un portrait plus complet et plus exhaustif que seulement économique.