Comment les Ontariens se portent-ils véritablement?

La réponse varie selon les mesures utilisées. Avec une élection provincial en Ontario, les yeux sont principalement tournés vers la productivité économique de la province. Cette semaine, un rapport de l'Indice canadien du mieux-être (ICMÊ) nous donne un aperçu très différent de la santé en Ontario, à l’aide d’indicateurs qui vont bien au-delà des mesures habituelles du PIB. 

Il s’agit du premier rapport provincial s’appuyant sur l’indice du mieux-être publié par l’ICMÊ. Il compare l’Ontario au reste du Canada pour la période allant de 1994 à 2010, en fonction du PIB ainsi que des 8 domaines du mieux-être des Canadiens :

  • Dynamisme communautaire
  • Participation démocratique
  • Éducation
  • Environnement
  • Populations en santé
  • Loisir et culture
  • Niveaux de vie
  • Aménagement du temps

Le rapport indique que l’Ontario accuse un léger retard par rapport au reste du Canada, tant au niveau du PIB qu’à celui du mieux-être. Toutefois, il est plus inquiétant de constater que, contrairement à la productivité d’ordre économique, le mieux-être en Ontario n’a pas connu de reprise depuis la récession de 2008 et a présenté une croissance moins élevée que le PIB tout au long de l’étude, qui s’est déroulée sur une période de 17 ans.

Quelques tendances encourageantes pour l’Ontario

L’éducation, un déterminant clé de la santé, a grandement favorisé le mieux-être en Ontario. Comme dans le reste du Canada, la croissance du développement des compétences et de la formation s’est révélée supérieure à celle du PIB (36 % comparativement à 42 %). L’Ontario occupe aussi le premier rang au Canada dans le domaine du dynamisme communautaire, qui mesure les sentiments d’attachement et d’appartenance, lesquels sont essentiels pour favoriser l’équité et l’inclusion en santé.

D’autres indicateurs sont très préoccupants

Le rapport révèle des tendances « très inquiétantes » en Ontario dans les domaines appelés loisir et culture et aménagement du temps, même si plusieurs d’entre elles sont similaires à la moyenne canadienne. Les Ontariens consacrent moins de temps aux activités artistiques et culturelles que par le passé, alors qu’un Ontarien sur cinq affirme être aux prises avec un horaire surchargé.

Fait à noter, les résultats relatifs aux niveaux de vie dans la province sont étonnamment inférieurs à ceux de l’ensemble du Canada. Le rapport fait état d’un accroissement de l’inégalité des revenus, d’une plus grande insécurité économique et d’une diminution globale de 22,8 % des niveaux de vie en Ontario en à peine 3 ans.

Si le rapport précise que l’examen de ces domaines fournit uniquement un aperçu d’une situation complexe, les auteurs concluent que le mieux-être des Ontariens continue à pâtir de la récession de 2008, malgré quelques gains économiques récentes. Les chercheurs insistent sur la nécessité, pour accélérer la croissance du mieux-être, d’aborder des questions clés comme l’inégalité des revenus, l’éducation de la petite enfance et les services de garderie, le soutien aux familles et une approche proactive de la santé. Nous avons besoin de politiques publiques judicieuses axées d’abord et avant tout sur le mieux-être.

Nexus Santé accueille avec enthousiasme ce rapport et le travail effectué par l'Indice canadien du mieux-être. L’ICMÊ constitue une assise utile pour faire avancer le débat tant en Ontario qu’à l’échelle canadienne. Le travail récemment réalisé par l’Association des centres de santé de l’Ontario n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des initiatives mises en œuvre, mais il est nécessaire d’en faire bien davantage. Chez Nexus Santé, nous collaborerons avec nos partenaires et l’ICMÊ afin d’alimenter et appuyer les discussions et l’élaboration de politiques portant sur les facteurs qui influencent et favorisent la santé et le mieux-être.

« Tous les domaines sont touchés par une récession qui a plongé l’Ontario dans une économie en dents de scie de laquelle elle se rétablit toujours. »