Jouer pour s'évader, un comportement nuisible méconnu

Extrait de l'article de fond du Bloc-Notes - février 2015

Contrairement à la croyance populaire, le jeu problématique est tout aussi nuisible que l'usage abusif de drogues.

Ils sont véritablement identiques en ce sens que leurs comportements peuvent affliger les individus des effets néfastes suivants : problèmes financiers, relations difficiles ou manquées, rendement inférieur dans les études, comportement criminel, intérêt excessif pour le jeu, dépression, angoisse, manque général de progrès vers les objectifs.1

En outre, si l'on se fie au continuum de la maladie mentale, relevé récemment dans un webinaire sur la santé mentale chez les jeunes, présenté conjointement par Réseau CS et le Centre de toxicomanie et de santé mentale, les jeux de hasard chez les jeunes se classent sans hésitations, au rang des problèmes de santé mentale.

Depuis la fin du siècle dernier, on suit le jeu problématique chez les jeunes ontariens (de la 7e à la 13e année). Voici quelques faits1 étonnants qui dépeignent un portrait préoccupant :

  •     LE principal obstacle qui empêche d'adresser la problématique : la majorité des gens ne perçoivent pas le jeu comme étant du tout un problème : « une conduite (qui était autrefois) réprouvée, (le jeu est désormais) une activité de loisir acceptable » et donc souvent tolérée;
  •     les garçons sont nettement plus susceptibles que les filles de développer un problème de jeu;
  •     presque 10% des jeunes s'étant adonné à un jeu de hasard ont joué pour une valeur entre 50 et 99 $ et 5% d'entre eux, pour 200 $ ou plus;
  •     le jeu est plus souvent qu'autrement, introduit par un parent ou un grand-parent;
  •     ce sont les jeux de cartes qui retiennent la cote auprès des jeunes
  •     un problème de jeu est dû en partie au besoin d’échapper à d’autres agents stressants sous-jacents;
  •     on constate un important manque de connaissances sur les facteurs de risque du jeu, ce qui mène à des comportements qui l'encouragent directement. Et comme les gens ne considèrent pas le jeu chez les jeunes comme étant aussi addictif et problématique que d'autre toxicomanies, un laisser-faire généralisé est prévalent, voire encouragé (ex.: achat de billet à gratter pour des cadeaux).
  •     les jeunes actuels font partie de la « première génération à grandir dans une société dans laquelle le jeu est légal, publicisé et « à la mode ». De plus, la popularité des jeux de hasard et d’argent sur Internet a augmenté de façon constante.
  •     1 élève ontarien sur 3 déclare avoir joué à des jeux de hasard
     

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