La nourriture saine autochtone: faire des liens avec la promotion de la santé

La semaine dernière, le Canada a célébré les communautés autochtones en honneur de la semaine de sensibilisation aux cultures autochtones. Les groupes autochtones canadiens sont divers et nombreux, et c’est ce patchwork de traditions et dialectes qui rendent notre héritage autochtone si unique.

Malgré l’attention qu’a reçue la culture autochtone cette semaine, peu on fait des liens avec la santé et le bien-être de ces groupes minoritaires. Malheureusement, les indicateurs de santé chez les autochtones diffèrent énormément du reste de la population canadienne. Par exemple, au Canada environ 37.8 % des adultes autochtones sont obèse, comparer à seulement 22.6 % des adultes non autochtones2. L’obésité est aussi plus élevée chez les jeunes autochtones : 15.8 % des enfants autochtones sont obèse, comparer à 8 % des enfants non autochtones2.

L’obésité est un précédent important aux maladies chroniques, telle que le diabète1. Malheureusement, les taux de diabète sont également plus élevés au sein des communautés autochtones. Environ 17.8% des adultes autochtones vivant les réserves et 10.3% des adultes autochtones vivant hors réserves souffrent du diabète, comparer à seulement 5% de la population adulte non autochtone.

Il y a plusieurs raisons complexes qui ont mené les communautés autochtones à avoir des taux d’obésité et de diabète plus élevés que le reste de la population canadienne. Un facteur important est le changement de style de vie, une transition de la vie traditionnelle à une vie occidentale moderne et urbaine. De fait, plus que la moitié de la population autochtone vit maintenant dans des centres urbains3.

À travers cette transition de style de vie, les diètes ont également changé. Composé auparavant de nourriture et de plats traditionnels, les diètes autochtones sont maintenant également occidentales moderne, contenant peu de valeur nutritionnelle et beaucoup de gras et de sucres3

Quelques stratégies de promotion de la santé ont visé à améliorer la nutrition des communautés autochtones. Ces stratégies se sont concentrées à promouvoir de la nourriture saine et équilibrée. Malheureusement, les succès de ces efforts sont maigres, et ce parce que plusieurs des stratégies n’ont pas inclus des plats et nourritures culturelles et traditionnelles. Souvent, les messages de promotion de la santé se concentrent sur des diètes qui contiennent peu de gras animaliers, et plusieurs fruits et légumes qui ne correspondent pas à la tradition autochtone1.

Les nourritures et mets traditionnels autochtones varient beaucoup selon la géographie, la saison et le groupe culturel. Malgré les différences, les diètes traditionnelles autochtones sont, en général, riches en protéine animale, riches en nutriments, faibles en glucides et faibles en gras (ou haut en gras d’animaux marins, qui est une source importante d’acides gras oméga)1. La qualité nutritionnelle des diètes traditionnelles autochtones peut en effet prévenir plusieurs maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, l’athérosclérose, et le diabète1.

Une étude récente sur les jeunes autochtones vivant dans des centres urbains a trouvé que les jeunes prenaient du plaisir à manger des nourritures et plats traditionnelles autochtones3. Ils étaient conscients des avantages nutritionnels des diètes autochtones, et ont exprimé un grand désir de se nourrir de cette façon le plus souvent possible. Malheureusement, les changements sociaux et économiques font en sorte qu’il devient de plus en plus difficile d’accéder aux nourritures culturelles autochtones1,3.

Certaines recommandations ont été offertes par les chercheurs pour les futures stratégies en promotion de la santé autochtones qui visent à améliorer la nutrition de ces populations minoritaires. Principalement, ces interventions doivent inclure des mets culturels autochtones et nécessitent la participation de tous les membres de la famille, spécialement pour les familles qui vivent dans des centres urbains3.

Pour en apprendre plus sur la semaine de sensibilisation aux cultures autochtones qui c’est déroulée la semaine dernière, cliquez sur le lien suivant : http://www.pc.gc.ca/agen/aa/index.aspx

Pour lire d’avantage à propos des nourritures et diètes traditionnelles autochtones :

http://www.nccah-ccnsa.ca/docs/social%20determinates/1828_NCCAH_mini_diets_health_final.pdf

Pour jeter un coup d’œil sur le guide alimentaire autochtone canadien:

http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/pubs/fnim-pnim/index-eng.php

 

1 Earle, L. (2011). Traditional Aboriginal diets and health. National Collaborating Centre for Aboriginal Health.

2Katzmarzyk, P. (2008). Obesity and physical activity among aboriginal Canadians. Obesity Journal, 16(1), 184-185.

3Kerpan, S., Humbert, L., & Henry, C. (2015). Determinants of diet for urban aboriginal youth: Implications for health promotion. Health Promotion Practice, 16(3), 393-400.

4Public Health Agency of Canada. (2011). Diabetes in Canada: Facts and figures from a public health perspective. Ottawa, ON: Chronic Disease Surveillance and Monitoring Division.