Les défis et les réalités, telles qu'elles sont vécues par les travailleurs sociaux

Une entrevue avec Cindy Zamiska, superviseure des services en français et conseillère familiale auprès des Services à la famille catholiques de Durham

À l'occasion du mois du travail social, nous avons voulu faire le point sur la profession, question d'en relever les défis et les réalités, telles qu'elles sont vécues sur le terrain. C'est dans ce contexte que nous nous sommes entretenus avec une travailleuse sociale, Madame Cindy Zamiska, superviseure des services en français et conseillère familiale auprès des Services à la famille catholiques de Durham, à Oshawa.

C'est remarquable de voir à quel point les gens peuvent vivent des situations extrêmement difficiles et quand même trouver les capacités de s'en tirer. J'aime bien faire partie de tout ce processus-là.

Décrivez-nous votre travail et la portée de vos interventions

Nous offrons des services de counselling pour les individus, les couples et les familles. Chez nous, grâce au soutien des charités catholiques, nous sommes en mesure d'offrir des services qui ne sont pas subventionnés par les fonds publics. Ces charités nous permettent aussi de défrayer les frais de clients qui ne sont pas en mesure de les payer. Cela dit, nos services sont ouverts à tous, pas juste les clients catholiques. Nos sessions de counselling sont à caractère éducationnel, préventif et thérapeutique et réalisés en groupes. Et on adresse toute une gamme de problématiques par l'entremise de ce counselling. Nos groupes psycho-éducationnels par exemple, essaient d'outiller les clients avant que ne surviennent les gros problèmes. Pensons à la capacité parentale par exemple ou la gestion de l'anxiété (groupe concomitant parents-enfant), les relations de couple ou encore, l'estime de soi chez les enfants. Précisons qu’au moins 50% de notre clientèle constitue des femmes et des enfants qui ont soufferts de violence familiale ou d’agressions à caractère sexuel.

Pour mieux desservir notre clientèle et la demande croissante, nous avons adopté un nouveau modèle d'accueil. Essentiellement basé sur le modèle walk-in, nous offrons une clinique sans rendez-vous, ce qui a considérablement réduit nos listes d’attentes. Le client a donc droit a une session avec une intervenante chez nous et de là, nous déterminons s'il a besoin de plus de services (et la nature de ceux-ci). Il est intéressant de noter que pour 50% des gens, une session suffit selon la recherche et notre vécu ici.

Dans le quotidien, à quoi ressemble votre travail de terrain?

Présentement, 50 à 75% de mon temps est consacré à l'intervention directe. Le reste du temps, je le consacre à la supervision des services en français. À ce titre, je fais aussi la liaison avec la communauté en vue d’obtenir des services pour les francophones. Je crois que pour bien combler les besoins de notre communauté, il faut parler avec elle. C'est pourquoi je fais du développement communautaire auprès des directions d'écoles, des groupes francophones et même de la communauté anglophone. Je fais beaucoup de sensibilisation à ce niveau, pour rappeler l'importance et la pertinence d'offrir des services en français. Je suis contente d'être là pour rappeler les besoins de la communauté francophone et m'assurer que ceux-ci ne soient pas oubliés. 

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