Pourquoi être homme ou femme a une incidence sur sa santé

« Presque toutes les décisions en matière de politique publique qui ont pour conséquence d’affaiblir le filet de sécuritéé́ sociale auront une incidence plus grave sur les femmes que sur les hommes. » selon l’étude Les réalités canadiennes.

Selon les auteurs Juha Mikkonen et Dennis Raphael, de cette étude prolifique qui nous provient de l’École de gestion et de politique de la santé de l’Université York, les femmes seraient plus affectées sur plusieurs plans à la fois. La santé étant étroitement liée à son statut socio-économique, à son milieu culturel, et à ses responsabilités sociales, Mikkonen et Raphael tracent un lien direct entre le genre et l’incidence que cela a sur la santé.

Qu’est-ce qui est en cause pour les femmes exactement?
Les femmes gagnent généralement moins d’argent, elles ont des emplois plus précaires, elles doivent souvent faire des choix entre l’emploi et la famille qui compromettent l’un ou l’autre, voire les deux, elles sont discriminées plus que les hommes, elles sont souvent responsables simultanément d’un emploi, des tâches domestiques, des finances domiciliaires et de l’éducation de leurs enfants ce qui mène entre autrse au surmenage et elles assument souvent seule ou en totalité la charge des enfants. Voici quelques faits à l’appui, tirés de Les réalités canadiennes, chapitr  14, Sexe :

•    Les femmes du niveau de la gestion gagnent en moyenne 95  $ par semaine comparativement à 126  $ pour les hommes; 

•    Les femmes travaillent moins d’heures que les hommes et leur taux horaire équivaut à 8 0% de celui des homme,s et ce, indépendamment du fait qu’elles aient un diplôme universitaire ou non;

•    Les mères monoparentales risquent plus particulièrement de se retrouver dans la pauvreté en raison du manque de services de garde d’enfants à un prix raisonnable et des salaires généralement moins élevés pour les femmes;

Et selon Statistiques Canada et la publication Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, 6e édition :
•    Les familles monoparentales dirigées par une femme présentent la plus grande incidence d’insécurité alimentaire (…) dans une proportion de 2 % un taux de quatre fois supérieur à celui des femmes (ayant) des enfants et (vivant) avec un conjoint ou un partenaire.

Et que remarque-t-on de particulier chez la santé des hommes?
Toujours selon Les réalités canadiennes, les hommes :

•    ont généralement une espérance de vie plus courte que les femmes (76,3 ans contre 79 ans) en raison des phénomènes d’exclusion sociale plus gravs dont ils sont victimes;

•    abusent plus souvent d’alcool et d’autres drogues et se retrouvent plus souvent sans abris;

•    ont un taux de suicide 4 fois plus élevé que les femmes;

•    subissent d’énormes pressions en raison des « construits malsains » sur la masculinité où sont idéalisés l’agressivité, la dominance et une autonomie excessive;

•    notamment les jeunes hommes défavorissé sont plus susceptibles d’adopter des comportements antisociaux et de perpétrer des infractions que les femmes.

Selon Mikkonen et Raphael, la santé « dépend (largement) de la répartition des ressources sociales et économiques ». Au dire de l’Organisation mondiale de la santé, la bonne nouvelle est que les normes sociales liées aux genres, étant des construits humains ancrés dans des milieux et des cultures, sont sujets à changer et à évoluer. Par conséquent, nous pouvons agir sur les conséquences que ces normes sociales engendrent sur la santé des hommes et des femmes. À ce propos, nous suggérons une excellente lecture de l’OMS sur la pertinence du genre sur diverses problématiques de santé, notamment de la santé mentale, le tabagisme et le vieillissement.

Sexe et genre
En terminant, précisons que dans le domaine de la santé, il faut s’attarder aux problématiques qui relèvent à la fois du sexe « biologique » ET du sexe dit « social », communément appelé le « genre ». Santé Canada explique très bien la différence dans son Analyse comparative fondée sur le sexe et le genre. Chose certaine, l’analyse relève combien les deux sont pertinents à la santé des individu  : « Le fait ’'être un homme ou une femme influe sur les risques pour la santé, ’'utilisation des services de santé, ’'interaction avec le système de soins de santé et les résultats globaux en matière de santé. »