Pourquoi il est important de parler ouvertement du deuil périnatal

Le 15 octobre prochain, l’Ontario dédiera, pour la première fois, une journée à la sensibilisation au deuil périnatal, phénomène qui marque une grossesse sur cinq au Canada chaque année. La journée est le résultat d’un projet de loi initié par le député provincial Mike Colle.

Le fait qu’une journée soit dédiée à la question comporte des retombées positives évidentes : cela jette une lumière bien publique (notamment dans les médias, sociaux et traditionnels) sur tous les aspects liés au deuil périnatal, cela initie des discussions franches et ouvertes sur ce sujet considéré encore bien « tabou » et cela peut surtout, contribuer à déstigmatiser ceux qui survivent à un tel deuil. Cependant, le fait qu’un projet de loi désigne cette journée accorde aussi un poids politique à la question, laquelle est ainsi légitimée désormais dans l’arène des politiques et programmes publics du gouvernement de l’Ontario, et aussi des agences de santé qui reçoivent des fonds publics du gouvernement. Le projet de loi 141 intitulé Loi exigeant des recherches et des programmes sur les pertes de grossesse et les décès néonatals et proclamant le 15 octobre Journée de sensibilisation au deuil périnatal crée de nouvelles responsabilités au sein même du ministère de la Santé lesquelles sont liées à la recherche et aux soins prodigués aux femmes.

Parlons-en le 15 octobre, ici et ailleurs au monde

Le 15 octobre prochain, le « Pregnancy and Infant Loss Network », un organisme de soutien qui travaille auprès des survivants et de leurs proches, s’engage à fond dans cette journée en proposant une programmation d’évènements partout en province pour souligner et conscientiser le public. Son projet phare est sa participation à l’« International Wave of Light » (trad. La vague internationale de lumière) lequel propose aux individus et organisations d’illuminer leur entourage (en petit avec une chandelle ou en grand, comme à la Tour CN) une heure durant, à compter de 19 h, le 15 octobre prochain. Au plan international, en raison des décalages horaires, cela représente une « chaine » perpétuelle de 24 heures toute désignée pour honorer les enfants ayant perdu la vie avant ou peu après la naissance.

La seule façon de démythifier toute question de santé aussi complexe et délicate que celle du deuil périnatal, c’est d’en parler ouvertement, doucement. C’est ce que l’on pourra faire le 15 octobre prochain, ensemble.