Qui mange bien, apprend bien!

L'insécurité alimentaire est l'appellation que l'on donne à cette problématique et ses variables. Et malheureusement, elle est de plus en plus présente chez les jeunes dans nos écoles et nos collectivités. Cependant, les gouvernements, les organismes d'intervention et même le secteur privé sont en train d'agir.

Photo : kali.ma via Compfight cc

« Les enfants qui vont à l’école affamés ou mal nourris ont moins d’énergie, de mémoire, de créativité et de concentration. Ils éprouvent de la difficulté à résoudre les problèmes et risquent de développer des troubles de comportement. Parce qu’ils ont faim à l’école, ces enfants pourraient ne pas se développer pleinement et en subir les conséquences au niveau de la santé pour le reste de leur vie. »    

La faim affecte de plusieurs façons le régime alimentaire, les fonctionnements scolaire et social ainsi que la santé générale des enfants d'âge scolaire. Le gouvernement de la Colombie-Britannique s'est penché sur cette question et dans son guide à l'intention de ceux qui gèrent des programmes scolaire de nutrition, ActNowBC, il affirme que les la faim et l'insécurité alimentaire affectent les éléments suivants :

  • l'habileté cognitive générale
  • la performance cérébrale dans son ensemble
  • la concentration
  • la présence
  • la ponctualité
  • les comportements perturbateurs
  • le taux de décrochage scolaire
  • le niveau d'attention

Dans une perspective globale de viser une population en santé, agir sur l'insécurité alimentaire, c'est crucial. Pourquoi? Parce qu'elle laisse des traces... à vie.

En effet, selon des chercheurs du National Cancer Institute (NCI) de l'Université de Calgary, des enfants qui ont été affamés au moins une fois dans leur vie, étaient 2,5 fois plus à risque de souffrir d'un mauvais état de santé général 10 à 15 ans plus tard dans leur vie, comparativement à ceux n'ayant jamais été affamés.

« Nos recherches démontre que la faim et l'insécurité alimentaire ravagent les chances de l'enfant dans la vie. »
Sharon Kirkpatrick du National Cancer Institute de l'Université de Calgary

De plus, le NCI a clairement démontré que la faim et l'insécurité alimentaire font des dommages à deux niveaux chez les enfants :

  1. la carence de nutriments et de calories a un impact négatif sur sa croissance et son développement et,
  2. la difficulté à se nourrir systématiquement et régulièrement ainsi que la difficulté de se nourrir d'aliments sains et de bonne qualité, lui créent du stress psychologique.

Plus inquiétant encore, c'est de constater que les dommages de l'insécurité alimentaire se produisent dès un très, très jeune âge. Selon un organisme de recherche américain, Children's Health Watch, le fonctionnement du cerveau est grandement affecté par ce que mange un enfant. Et comme la croissance la plus rapide de son cerveau a lieu dans la première année de sa vie (en effet celui-ci double en taille durant cette période), période durant laquelle se construisent ses neurotransmetteurs, (lesquels contrôlent la fonction cérébrale) la qualité et la quantité de nourriture ingurgitée sont extrêmement importantes. Toujours selon les études de Children's Health Watch, une saine alimentation, dès le départ, joue un rôle clé dans le développement d'habiletés essentielles au succès scolaire, notamment la mémoire, la stabilité mentale et émotive ainsi que les aptitudes sociales. Il affirme d'ailleurs que les « retards dû à la faim »2 sont considérables, significatifs et surtout, irréversibles.

De là l'importance de politiques publiques comme celles du gouvernement de l'Ontario. D'abord, sa Stratégie pour la santé des enfants de l'Ontario3 et sa première priorité, intitulée Départ sain, qui vise à jeter les assises d'une population ontarienne en santé en appuyant, entre autres, l'allaitement maternel. De plus, le 7 avril dernier, le gouvernement s'engageait aussi à élargir et améliorer son Programme de bonne nutrition des élèves, une initiative visant à adresser la faim et l'insécurité alimentaire dans les écoles. Le projet favorise le développement en santé pour que les élèves soient mieux disposés à apprendre.

Insécurité alimentaire et pauvreté

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture affirme qu'« Une personne souffre d’insécurité alimentaire lorsqu’elle n’a pas d’accès physique ou économique à une quantité suffisante de nourriture de qualité et nutritive pour mener une vie saine et active. »4 Elle poursuit en affirmant sans équivoque que l’insécurité alimentaire est l’une des conséquences probables de la pauvreté relative. Nexus Santé abonde dans le même dans sa publication « I'm still hungry. A practical guide for moving from stigma to empowerment, including a review of the realities of child poverty and promising responses. » publiée sous la bannière de Meilleur départ (disponible en anglais seulement).

Au dire du programme ONE©, Outils pour la nutrition dans les écoles, « On ne peut trop insister sur les conséquences négatives des mauvaises habitudes alimentaires acquises pendant l’enfance. Les écoles constituent le cadre idéal pour l’acquisition de saines habitudes alimentaires. » Et c'est effectivement en ce sens que toutes les instances publiques abondent. Lorsqu'on constate que « plus de 40 éléments nutritifs sont indispensables au bon fonctionnement (du) cerveau »4 on ne peut que s'en réjouir pour la réussite de nos enfants.

Lectures suggérées :

  • Nutri e-step, un petit outil pratico-pratique qui nous permet de faire un dépistage nutritionnel grâce à un questionnaire en ligne et ce, pour les enfants de 18 à 35 mois ou de 3 à 5 ans.
  • Programme du lait des écoles élémentaires, un programme intéressant intégré dans plusieurs écoles en Ontario et ailleurs au Canada.
  • Healthy Eating at school, un site web regorgeant de ressources, d'information et d'outils très utiles sur l'alimentation saine en milieu scolaire.
  • Canadian Association for School Health, une association nationale visant une approche intégrée en matière de promotion de la santé en milieu scolaire.

Sources :