As-tu une minute pour moi ?

On entend encore « Je n’ai pas de temps à perdre ! » et « Mais où va le temps ! Il n’y a pas assez d’heures dans une journée ! ». Les phrases et maximes sur le temps pourraient remplir des pages et des pages car c’est une ressource inestimable, bien entendu. Vous avez vraisemblablement prononcé ces phrases à un moment donné. Pas étonnant direz-vous, en raison du rythme effréné auquel nous vivons, un monde où le temps vaut de l’argent. Mais le temps, aurait-il une autre portée dans notre vie ?

Trop pressés par le temps

Le Canadian Index of Wellbeing, un centre de recherche important à l’Université Waterloo, se penche régulièrement sur la question du temps et de son utilisation, en mesurant périodiquement les changements sur ce plan et sept autres, lesquels affectent notre qualité de vie, dont ceux de la vitalité des collectivités, l’engagement démocratique, l’éducation, l’environnement, les populations en santé, les loisirs et culture et les standards de vie. Dans son étude intitulée How Canadians are really doing, le CIW mesure le temps sous l’optique suivante : « l’utilisation du temps, comment les gens utilisent le temps, par quels moyens ils contrôlent le temps et comment le temps affecte le bien-être ». La conclusion générale du CIW démontre que :

Nous payons cher notre utilisation du temps : nous sommes moins en santé tant au plan physique que mental, nous avons moins de temps pour les petits plaisirs personnels et nous sommes généralement moins satisfaits avec notre qualité de vie dans l’ensemble.

L’étude en quelques points…

En gros, les adultes participent moins aux activités de loisirs ou de bénévolat dans leur collectivités, les gens considèrent passer trop de temps soit au travail ou en transit vers leur travail et les pressions familiales sont citées comme étant souvent les plus difficiles à gérer ou soutenir (parents vieillissants, gestion familiale, etc.). Et bien que l’étude démontre une amélioration sur certains plans (moins de gens travaillent 50 heures ou plus par semaine qu’auparavant, un plus grand pourcentage de travailleurs ont désormais accès à des heures de travail flexibles et plus d’adulte participent, dans l’ensemble, à des activités communautaires), le CIW est très clair : il y a un besoin urgent d’agir au plan des politiques publiques si l’on veut se porter mieux tant individuellement que comme pays.

Le Canada et son bien-être

La conclusion étonnante de l’étude fait ressortir l’incongruité suivante : comment se fait-il qu’en ce 21e siècle, dans un pays riche, industrialisé, prospère et démocratique là où il fait bon vivre comme le Canada, ayons-nous des défis si importants quant à notre bien-être? Les réponses selon le CIW passent par deux stratégies : avoir de meilleures politiques publiques qui répondent réellement aux besoins et aux valeurs des Canadiens et que les citoyens décident et s’engagent à dire à haute voix (ou pas) la vision qu’ils désirent pour notre pays. Et vous, qu’en pensez-vous?